Jennifer Pinel/Ouest-France

Jennifer Pinel/Ouest-France

La petite brique fait partie de sa vie depuis son enfance. Atteint par une maladie génétique qui touche sa vue et son audition, Jean-Marc Barré reste un animateur hors pair dans son domaine.

C’est le « monsieur Lego » de Morlaix. Trois ans après avoir mis l’association Morlaix Bricks en sommeil, Jean-Marc Barré veut la réveiller, pour faire rêver les passionnés de la petite brique danoise.

Fils et petit-fils de cheminot, Jean-Marc a reçu sa première boîte de Lego à 3 ans. « C’était, il y a soixante ans… À l’époque, d’après ce que ma mère m’a dit, ça leur avait coûté une fortune », confie celui qui, depuis, n’a jamais arrêté de construire.

Des trains, des ponts et des bateaux bluffants de réalisme. Comme le pont Pegase, connu par les événements du 6 juin 1944 et immortalisé dans le film Le jour le plus long. On peut citer aussi le navire Supply Bourbon et sa houle animée. Ou encore la barge de ravitaillement de l’Île de Batz avec le mouvement du roulis, du tangage et des marées !

Plus vrai que nature

« Il y a deux catégories dans les amateurs de Lego: les purs collectionneurs et les créateurs comme moi. Je cherche toujours à me renouveler, sinon je m’ennuie », précise Jean-Marc Barré.

Son diorama en cours s’attache à reproduire « le pont ferroviaire indien Pamban, l’un des dix ponts les plus dangereux du monde, qui surplombe le golfe du Bengale sur plus de deux kilomètres, où 150 personnes sont mortes en 1964 ».

Ludiques, ses maquettes n’ont pas leur pareil pour faire comprendre le fonctionnement, parfois complexe, des ports ou des gares aux moins érudits. « J’ai fait beaucoup d’animations dans les écoles du pays de Morlaix avant que les baisses de subvention ne freinent les collectivités… », indique celui qui prend un plaisir évident à transmettre ses connaissances. Dans les écoles, à la Fête de la science à Morlaix, aux Journées du patrimoine à Roscoff ou dans les salons nationaux et internationaux du Lego.

« J’ai vu les immeubles danser autour de moi »

Malgré la maladie génétique qui détériore sa vue et son ouïe depuis son enfance, Jean-Marc est un sexagénaire actif. Atteint du syndrome d’Usher de type 2, il a commencé à perdre de l’audition à 7 ans. « J’avais déjà une déficience de 65% qui est aujourd’hui évaluée à 95% mais compensée jusqu’à 10% grâce aux appareillages », explique le Saint-Martinois.

Après avoir travaillé dans la comptabilité pendant vingt ans, Jean-Marc Barré a dû quitter son poste soudainement. «Un jour, j’ai vu les immeubles danser autour de moi. Par la suite, j’ai été mis en invalidité de 2e catégorie… » Son champ visuel n’a, ensuite, cessé de décroître.

Un second salon Lego ?

Résigné et tenace, Jean-Marc Barré profite de la vie malgré la maladie. Il a parcouru le monde, des États-Unis au Canada, en passant par l’Irlande ou la Grande-Bretagne. « La langue des signes est universelle !, se réjouit le malentendant, qui attribue une mention spéciale aux Américains. Ils ont l’habitude d’écrire pour être sûrs qu’on comprend bien ce qu’ils disent ! »

Nouveau coup dur, en février : « On m’a retiré mon permis de conduire car je deviens un danger public sur la route », sourit le fana de la petite brique. Avec la future clique de Morlaix Bricks, il espère continuer à suivre les événements Lego et, pourquoi pas, « organiser un second salon à Morlaix ». En 2014, la première édition avait attiré près de 4 000 visiteurs. Preuve que la petite brique a encore ses addicts. « Les passionnés de Lego sont souvent assez solitaires et secrets. J’espère qu’ils viendront me rencontrer, ma porte est grande ouverte! »

Source : https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-barre-de-lego-il-veut-relancer-morlaix-bricks-5614397

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